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Les É.-U. accroissent le dépistage radiologique

Par John Quarterman

 

L’agence des Douanes et de la protection des frontières des États-Unis (en anglais: Customs and Border Protection ou CBP) a depuis quelque temps effectué le dépistage de tous les véhicules terrestres (autos, camions, autobus, piétons) pour localiser du matériel nucléaire par le biais de détecteurs radiologiques fixes très sensibles.

Lors du passage de la frontière, ces détecteurs fournissent aux douaniers une lecture immédiate si un véhicule ou une personne émet des radiations. Le dépistage est suffisamment sophistiqué pour que non seulement le niveau de radiation soit mesuré, mais aussi pour que le type et la source matérielle soient indiqués.

Non seulement le personnel du CBP est capable de déterminer la source probable de la radioactivité, que ce soit un isotope médical provenant d’un test médical, ou du radium provenant d’une montre ou d’instruments d’avions, ou quelque chose de plus sinistre tel que de l’uranium U235 ou U238 ou d’autre isotopes radioactifs utilisés dans la fabrication d’une bombe artisanale.

Le CBP ne possédait pas jusqu’à tout récemment un instrument portatif qui soit suffisamment sophistiqué pour automatiquement distinguer et de discriminer entre des sources radiologiques de manière convenable. Le CBP a donc seulement entrepris une approche de vérification partielle pour le dépistage radiologique des avions dans les années précédentes.

Toutefois, à partir du 30 décembre 2007, le CBP a démarré un programme de dépistage à 100% utilisant un détecteur de radiation portatif qui leur permet de faire virtuellement le même travail de dépistage qu’aux autres ports terrestres – dans tous les aéroports d’aviation générale – directement sur l’aire de trafic.

Les officiers du CBP qui rencontrent les avions à un port d’entrée incluront dans leur protocole d’inspection un balayage de l’avion, des occupants et du cargo. Selon le CBP, ce balayage radiologique faisant partie de la procédure d’inspection ne devrait prendre que quelques minutes mais peut aussi prendre jusqu’à 15 minutes.

Si une lecture anormale est rencontrée lors de l’inspection initiale, une seconde inspection plus détaillée sera alors entreprise.

Le site internet de la Science Applications International Corporation (SAIC) (http://www.saic.com/products/security/gr-135/) décrit l’appareil de dépistage portatif de la manière suivante:

L’appareil portatif d’identification des isotopes radioactifs GR-135 Plus est une version améliorée de son prédécesseur bien connu, le GR-135. Il est équipé pour détecter la présence d’émissions radioactives en service opérationnel où la facilité d’usage et la simplicité sont d’une importance critique. Le GR-135 Plus est un spectromètre de rayons gamma qui performe trois fonctions en un seul instrument portatif. L’instrument permet à l’utilisateur de faire une enquête (localiser la source radioactive), de mesurer la dose (déterminer le risque associé au niveau d’exposition) et d’analyser (identifier) les nucléides pour une évaluation du risque global. Le GR-135 Plus comporte un nouveau logiciel avancé à haute performance d’identification des nucléides, un détecteur de neutrons très sensible et un interface d’écrans d’utilisation simplifiée.

Le CBP (selon les officiers du CBP des ports du nord de l‘État de New York (Massena et Buffalo) a tout à fait l’intention de rationaliser autant que possible ce nouveau processus d’inspection et de sauvegarder la vie privée des gens lorsqu’ils feront leurs inspections.

Ceci dit, selon l’inspecteur et superviseur du CBP à qui j’ai parlé, le processus d’inspection peut être facilité et accéléré par le pilote de l’avion qui arrive en déclarant toutes les sources de matériel radiologique lors de l’appel téléphonique initial au CBP, avant le passage de la frontière, et encore une fois lors de la rencontre avec les autorités du CBP au port d’entrée.

Ceci inclut la déclaration de tous les instruments radiologiques qui contiennent du radium tels que les vieux compas de l’armée, les vieilles montres, etc., qui devraient être déclarées à l’avance.

Encore plus important est le fait que toute personne qui a récemment reçu des tests radiologiques médicaux tels que des scanographies des os ou des tests de stress avec une injection de baryum, de thorium ou d’autre isotope radioactif, devrait obtenir une lettre du bureau médical avec leur papier entête détaillant le nom du patient, le test qui lui a été donné, et l’isotope qui lui a été administré ainsi que le dosage.

On m’a mentionné que le CBP est sensible aux questions d’intérêt privé en ce qui a trait aux conditions médicales et qu’il agira «de la façon appropriée.» Le pilote devrait questionner ses passagers (ainsi que lui/elle-même) bien à l’avance et s’assurer que les passagers sont au courant du besoin de déclarer tout objet radiant, tout test médical radiologique récent bien avant le départ, et le besoin d’obtenir de la documentation en preuve dans le cas d’un test médical impliquant de la radiation.

Voler aux États-Unis est devenu un petit peu plus complexe, mais avec de la planification à l’avance, ce nouveau dépistage ne devrait pas être un problème.