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Le cauchemar de tout opérateur d’aérodrome

 

Il y a quelques jours, j’ai passé plusieurs heures à consulter quelque chose qui a pour titre “Prairie Mountain Development Scheme.“ J’ai entendu parler de cela pour la première fois lorsque j’ai reçu une lettre du comté où j’habite suggérant que je voudrais peut-être obtenir une copie à leur site internet et la lire. Comme arrangement, c’est tout un arrangement.

C’était un plan complet de conception avec pleines pages en couleur au sujet du développement de 594 âcres de terres agricoles en une petite communauté à l’est de Calgary. Pas juste n’importe quelle communauté résidentielle. Non, on y parlait de maisons unifamiliales et multifamiliales, d’appartements, un complexe domiciliaire pour les personnes âgées, des magasins au détail et d’un parc industriel. Cela semblait exquis avec un boulevard bordé d’arbres comme rue principale où les résidents “aimeraient marcher à travers les magasins détaillants“ et un développement commercial qui fournirait des emplois aux résidents. Une utopie en miniature avec un accès facile aux écoles, aux magasins, au travail et à l’autoroute la reliant à Calgary.

J’ai passé à travers ce document de 65 pages plusieurs fois mais je n’ai trouvé absolument aucune mention de ce que je savais être directement de l’autre côté de la rue du développement proposé - une petite piste gazonnée avec 19 hangars et 20 avions. La mienne! Ceci est le cauchemar de tout opérateur d’un aérodrome. J’ai toujours su que cela pourrait arriver un jour, mais s’il-vous-plaît pas avant de perdre mon médical. Les bâtiments proposés seraient juste au bout de la piste 16. Quel coup classique!

Je me suis mis immédiatement au travail en écrivant mes commentaires au comté soulignant comment ce développement fermerait mon aérodrome et éliminerait l’accès aérien à cette région par des pilotes en transit de régions aussi éloignées que l’Ontario.

Seulement quelques jours auparavant, j’avais reçu des appels de trois pilotes de différents coins du pays demandant la permission d’atterrir et de stationner là pour une visite de la région. Il y a aussi la question de ce que vont faire les 20 propriétaires d’avions avec leurs avions si l’aérodrome vient à fermer.

J’ai donc démarré le processus de lobbying visant à sauver mon aérodrome, processus qui devrait durer plusieurs années. Je me suis déjà rendu là deux fois en 20 ans depuis que j’ai bâti le premier hangar. La première fois impliquait une route que le comté voulait construire à travers le bouton de la piste 34 et l’autre impliquait des lignes de courant à haute tension qui auraient passé le long de la piste. J’ai réussi à faire dévier les deux menaces antérieures, mais celle-ci sera différente. Je paie des taxes commerciales sur ma propriété, mais c’est une goutte d’eau dans le vase si on compare cela aux revenus que le comté pourrait recevoir de ce développement. Qui pensez-vous qu’ils vont écouter?

J’aimerais pouvoir vous dire que j’ai inventé tout ceci juste pour illustrer un point, mais ceci est réellement vrai. Nous voici encore avec un autre cas d’un “aéroport qui perd contre un développeur.” Il n’y a simplement aucun intérêt dans la préservation des aéroports et aérodromes à aucun niveau de gouvernement. Et la raison en est la Politique nationale des aéroports qui ignore totalement le besoin et la valeur des petits aéroports au Canada, de même que le manque d’une politique envers l’aviation générale au Canada.

Je sais que vous avez entendu ceci à plusieurs reprises, mais si nous n’éduquons pas nos politiciens au sujet de cette crise, ce qui arrive à mon petit aéroport se répétera un aéroport à la fois jusqu’à ce que nous n’ayons plus que quelques pistes gazonnées dans des champs de fermiers très loin des cités et des villes où la majorité d’entre nous vivons.

J’utilise le mot crise parce que je crois que c’en est une. Vous avez tous une place où voler aujourd’hui mais ne pensez pas pour une seule minute que vous ne pourriez pas la perdre demain, même si vous possédez la terrain d’où vous volez.

Je crois que c’est Mark Twain qui a dit, “Tout le monde parle de la température, mais personne ne fait rien à ce propos.” Nous ne pouvons rien faire au sujet de la météo mais nous pouvons faire quelque chose au sujet de l’attitude politique nationale envers les petits aéroports dans ce pays.

Mettez le crayon au papier et écrivez à vos membres du Parlement et laissezleur savoir qu’ils devraient s’intéresser à l’aviation générale au Canada. Dites à votre membre du Parlement que vous voulez qu’il/elle supporte la requête de la COPA pour une révision de la Politique nationale des aéroports, et qu’il/elle supporte le développement d’une Politique de l’aviation générale au Canada. Attirez leur attention sur l’aviation générale et les petits aéroports, où l’aviation commence. Sans oeufs, vous n’obtenez pas de poulets.

La COPA frappera à la porte du Ministre des transports à ce sujet. C’est à nous de frapper à la porte de nos membres du Parlement pour obtenir leur support. Mon membre du Parlement m’a déjà répondu, déclarant qu’il supporte les deux initiatives.

En attendant, continuez à faire tourner votre hélice.