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L’ADS-B s’en vient – un autre acronyme à connaître

 

Nav Canada a récemment décidé d’utiliser une nouvelle technologie plutôt que celle du radar afin de combler un « trou » dans la couverture radar dans la région de la Baie d’Hudson.  Compte tenu de l’augmentation du trafic traversant cette région à destination ou en provenance de l’Europe, en plus des vols trans-polaires par des avions à très long rayon d’action, la méthode procédurale de séparer les avions commençait à créer de la congestion dans cette région.

Nav Canada pourrait installer quatre radars tour combler le vide, mais à cause de la location éloignée et considérant les questions environnementales, le coût en serait très élevé.  Donc, Nav Canada a décidé d’utiliser la surveillance dépendante automatique en mode diffusion (en anglais : Automatic Dependent Surveillance – Broadcast ou ADS-B) pour combler ce « trou » et ont ainsi décidé d’emboîter le pas sur le chemin qui les emmènera à remplacer éventuellement  tous les radars par cette alternative moins coûteuse.  Leur annonce peut être trouvée sur notre site internet à  l’item Nav Canada – Salle des nouvelles.

Quoique que l’ADS-B soit plus économique pour Nav Canada, il coûte cher aux propriétaires d’avions, spécialement maintenant.  Les aéronefs doivent être équipés avec de nouveaux systèmes afin de pouvoir « jouer le jeu » et même si plusieurs avions de transport commerciaux sont au moins partiellement équipés et peuvent probablement absorber les coûts additionnels, le coût pour notre secteur de l’aviation est tout simplement prohibitif.

Alors, pourquoi je vous raconte tout ceci?  La plupart d’entre nous ne vole jamais au dessus de la région de la Baie d’Hudson et jamais aux altitudes auxquelles le besoin pour cet équipement se fera sentir, du moins pas pour l’instant.

La raison est que, comme plusieurs autre technologies qui sont introduites, celle-ci aura tendance avec le temps de se répandre partout au Canada, emmenant avec elle le besoin pour nous soit de s’équiper, soit de rester à l’écart de l’espace aérien affecté.

Une explication de l’ADS-B est nécessaire.  Le système surveille essentiellement le ciel sans avoir à dépendre de radars coûteux et au rayon d’action limité.  Le terme « automatique » veut dire qu’il n’y a pas d’action de la part du pilote, à part le fait de s’assurer que l’équipement avionique est en fonction.  Le mot « dépendante » veut dire que le système dépend d’un GPS capable d’être combiné à un système de renforcement à couverture étendue (en anglais : Wide Area Augmentation System ou WAAS) pour déterminer précisément où se trouve l’avion en trois dimensions.

« Surveillance » veut dire que le contrôleur de trafic aérien peut voir les avions même dans les régions où il n’existe pas de couverture radar, et « en mode diffusion » veut dire que les avions transmettent vers l’extérieur des signaux codés ou sont équipés pour recevoir ces signaux et afficher la location des autres avions, produisant ainsi la capacité de s’auto séparer, très similaire au service rendu par le système d’anticollision en vol (en anglais : Terrain Collision Avoidance System ou TCAS) installé sur plusieurs avions de ligne commerciaux.

Dû à cette capacité du système embarqué de pouvoir recevoir des données, les bénéfices accessoires de l’ADS-B incluent la capacité de recevoir et d’afficher une myriade d’informations dans le cockpit.  En plus de l’information de trafic, de l’information météo textuelle et graphique peut être affichée.  Et, tel que prouvé lors d’un programme d’essai appelé CAPSTOME en Alaska, ADS-B peut suivre des avions sur de grandes étendues et à très basse altitude, pouvant ainsi servir de système d’alerte lors de l’écrasement d’avions, une sorte de remplacement pour les radiobalises de repérage d’urgence (en anglais : Emergency Locating Transmitter ou ELT).

Toutefois, l’ADS-B est hors de prix pour les avions d’aviation générale.  De plus, même si dans un monde parfait on avait qu’à mettre un commutateur en marche, dans le futur proche, il faudra avoir en place des systèmes parallèles, tout comme ce qui est arrivé lors de l’introduction du GPS, qui est toujours supposé remplacer tous les systèmes d’aide à la navigation basés au sol.

Aux États-unis, où l’ADS-B prend une place d’importance au moment où la Federal Aviation Administration (FAA) considère des alternatives au remplacement de radars qui prennent de l’âge, les groupes de pilote tels que la American Owners and Pilots Association (AOPA) insistent sur une lente approche au rééquipement, afin de donner le temps aux coûts de se résorber au travers des avancées technologiques et au temps requis pour les flottes de se rééquiper.  Elles poussent également pour que les données météo soient distribuées gratuitement par la FAA afin d’aider à compenser les coûts de l’équipement et pour donner aux propriétaires d’avions une raison de changer.  Ils parlent d’un ordre de plusieurs dizaines d’années avant de rendre cet équipement obligatoire.

La COPA est demeurée active au Canada depuis que Nav Canada est aux prises avec cette décision d’adopter l’ADS-B pour suppléer au manque de couverture au dessus de la Baie d’Hudson.  Maintenant qu’ils ont décidé d’aller de l’avant, la COPA a donné son accord et son support au concept, avec certaines restrictions.

Dans une communication envoyée au Président de Nav Canada, j’ai dit : « Maintenant que Nav Canada s’est engagée dans le développement de l’ADS-B afin de couvrir le manque de couverture au dessus de la Baie d’Hudson et qu’elle a annoncé qu’elle entend éventuellement remplacer le radar avec cette nouvelle technologie, j’aimerais réaffirmer le support de la COPA envers un tel projet, mais seulement si cela peut être rendu abordable pour notre secteur de l’aviation.

« Comme vous le savez, notre organisation sœur aux États-unis a travaillé avec cette technologie depuis quelque temps, équipant un de leurs avions avec les boîtes fournies par la FAA et accumulant de l’expérience envers les bénéfices de la technologie.  J’endosse pleinement leur position, qui insiste sur le besoin de produire de l’avionique abordable, de fournir gratuitement les données et de prévoir beaucoup de temps avant de rendre cet équipement obligatoire comme les ingrédients clés d’une acceptation de la part des propriétaires d’avions.

« Je serai ravi d’avoir l’opportunité d’être impliqué dans la planification de cette technologie afin d’en maximiser son acceptation par un grand segment de l’aviation canadienne. »

Devriez-vous être inquiets à ce moment-ci si vous êtes sur le point d’investir dans de la nouvelle avionique pour votre avion?  Mon avis est non.  Cela prendra plusieurs années avant que l’ADS-B progresse au point où notre secteur sera affecté.

Toutefois, la COPA demeurera active en poussant pour obtenir de l’avionique abordable et des incitatifs, telle que des données gratuites, en reconnaissance du fait que Nav Canada sauvera des millions en adoptant cette technologie.  Entre-temps, mettez de côté cet acronyme pour fin de référence future, ou utilisez-le pour impressionner vos amis lors d’une réception.