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Voler dans un vide

 

Notre système d’aéroports et d’aérodromes est dans le trouble et ceci a un lien direct avec le futur de l’aviation générale. Les lignes qui suivent servent d’analogie pour illustrer la situation difficile.

La navette spatiale a deux méthodes pour contrôler son attitude - surfaces de contrôle conventionnelles pour voler dans l’atmosphère et un système de manoeuvre orbitale à être utilisé dans l’espace.

Les deux systèmes sont nécessaires pour que la navette puisse sécuritairement revenir de l’espace.

Lorsque la navette spatiale se prépare à la réentrée, une des vérifications consiste à bouger toutes les surfaces de contrôle pour s’assurer qu’elles fonctionneront après la réentrée. Lorsque les surfaces bougent, bien sûr il n’y a pas de changement dans la trajectoire. Ce système de contrôle est inutile dans l’espace.

Si le système de manoeuvre orbitale n’est pas disponible, la navette continuera sur une trajectoire au hasard jusqu’à ce qu’elle brûle éventuellement lors d’une réentrée non contrôlée.

L’aviation générale (AG) est comme la navette spatiale. La Politique nationale des aéroports (PNA) [http://www.tc.gc. ca/fra/programmes/aeroports-politiquemenu-

71. htm] qui en 1994 a mise en place la disparition du système national des aéroports, a effectivement lancé notre navette dans une étrange mission avec de l’incertitude quant à son retour en sécurité.

Notre futur est incertain à cause de l’absence d’une politique au sujet du nombre d’aéroports dont nous avons besoin au Canada pour garder notre secteur viable. Essentiellement, la PNA a lancé l’AG sans un système de manoeuvre orbitale. Même en faisant de notre mieux pour bouger les surfaces de contrôle, rien ne fonctionne. Pourquoi cela se passe-t-il, comment se fait-il que nous sommes dans cette impasse et que peut-on faire?

Une succession de Ministres des transports ont endossé plusieurs déclarations clés dans la Politique nationale des aéroports.

«La plus grande partie du réseau de transports du Canada présente un problème de surcapacité: 94 % de toutes les marchandises et de tous les passagers aériens transitent par seulement 26 de 726 aéroports.» Ceci a pour effet de dire que tous les fédéraux devraient s’inquiéter seulement des 26 aéroports majeurs.

Ceci est bien sûr une faute fondamentale de la Politique.

La Politique continue à dire: «La propriété de ces aéroports sera offerte aux gouvernements provinciaux et locaux, aux commissions aéroportuaires, aux entreprises privées ou à d’autres groupes intéressés, dans cet ordre. Les nouveaux propriétaires seront libres d’établir les dispositions sur la propriété et la gestion répondant le mieux aux besoins de leur collectivité.» Le défaut dans cette déclaration est qu’elle n’assure pas que les décisions prises par une certaine communauté soient dans le meilleur intérêt pour conserver un système d‘aéroports destiné à servir tout le Canada et le spectre entier de l’aviation. La COPA a été impliquée dans plusieurs causes touchant les aéroports régionaux où il est apparent que nos besoins, comme partie intégrante de la communauté locale, ne sont pas rencontrés.

En ce qui regarde la manière dont les aéroports seront gérés, la Politique déclare que «La propriété et l’exploitation par des groupes locaux permettront à ces aéroports de fournir des services bien adaptés aux besoins des localités.

Les groupes locaux intéressés pourront prendre des décisions d’ordre opérationnel en fonction des besoins locaux.» Ceci est une déclaration clé parce qu’elle assume que la communauté comprend la valeur de son aéroport, ce qui n’est fréquemment pas le cas.

Il n’existe plus aucun sentiment de système national, du moins au delà des 26 aéroports majeurs que le gouvernement possède toujours, et comme le financement de transition se termine et que les engagements de 10 ans visant à retenir les aéroports expirent bientôt, plusieurs communautés sont à examiner leurs options incluant celle de se distancer eux-mêmes de leur actif en transport.

Au sujet des petits aéroports, la Politique déclare ceci: «Il n’existe pas de rationnel pour un engagement continu du fédéral dans ces aéroports... Chaque communauté sera capable de déterminer le rôle futur de son aéroport.» Ceci est une déclaration profonde dans laquelle les fédéraux croient qu’il n’existe aucune valeur dans les milliers d’aéroports qui relient ensemble notre nation en fournissant les seuls moyens de transport, d’entraînement de nos futurs pilotes et mécaniciens, de services d’évacuation aérienne et d’une myriade d’autres services sociaux, d’affaires ou de récréation. Cette déclaration profonde n’a pas été consultée avec quiconque dans l’industrie de l’aviation.

Il existe quelques mots prometteurs pour quelques petits aéroports: «Plusieurs des plus grands aéroports internationaux qui font partie du RNA (Réseau national des aéroports) sont desservis par des aéroports “satellites.” Ces derniers permettent l’exploitation sûre et efficace des plus grands aéroports internationaux qu’ils desservent en détournant d’eux les petits aéronefs et l’aviation générale (vols récréatifs et d’entraînement).» Mais la Politique continue à dire: «Au début, ces satellites seront inclus dans le RNA et seront offerts à des administrations aéroportuaires qui souhaiteront assumer la responsabilité de leur exploitation. Ces administrations aéroportuaires doivent cependant reconnaître que le financement fédéral pour ces aéroports satellites cessera dans un délai de cinq ans.

Si l’administration aéroportuaire ne souhaite pas assumer cette responsabilité, l’aéroport satellite ne fera plus partie du sous-ensemble, et il faudra trouver d’autres solutions pour le céder.» Donc, même si la politique reconnaît l’importance des aéroports satellites, elle prépare le chemin menant à leur abandon.

Commencez-vous à sentir que nous dérivons désespérément à travers l’espace?

Regardons maintenant ce qui s’est passé durant les 16 dernières années depuis que la Politique nationale des aéroports a été publiée. La majorité des autorités aéroportuaires ont abandonné leurs aéroports satellites - la PNA a permis et prévu ceci.

Dans plusieurs articles nous avons mis en lumière des problèmes importants à Edmonton, Toronto et Montréal, où des aéroports très significatifs d’AG seront probablement fermés à cause d’un manque de direction. Plusieurs aéroports régionaux ont introduits des frais déraisonnables et quelques gestionnaires essaient de mettre des “terrains excédentaires” disponibles à d’autres fins en encourageant l’AG à partir.

Il existe 730 aéroports (aérodromes licenciés) et des milliers d’aérodromes au Canada. Les lignes aériennes desservent seulement environ 80 d’entres eux.

La vaste majorité du Canada est encore seulement accessible par petits avions et les petits avions représentent plus de 90 pour cent de la flotte. À partir du jour où la Politique nationale des aéroports a été publiée, je n’ai pas pu comprendre pourquoi les fédéraux abandonneraient la vaste majorité de l’infrastructure aéronautique du Canada qui est essentielle pour la grande majorité de l’aviation canadienne.

L’AG dérive présentement à travers l’espace sur une trajectoire au hasard menant à une réentrée destructrice.

Alors comment pouvons-nous changer la course de notre navette?

Une nouvelle politique est nécessaire afin de garantir que l’AG est reconnue pour les rôles qu’elle remplit en tant que terrain d’apprentissage pour les pilotes et mécaniciens et pour la myriade d’autres fonctions qu’elle sert, incluant celui de mode de transport.

Une politique d’AG est comme le système de manoeuvre orbitale de notre navette. À travers le développement de cette politique d’AG, il deviendra apparent que notre Politique nationale des aéroports est fautive. Nous devons retourner vers le sol, réévaluer notre Politique nationale des aéroports et ensuite relancer l’AG dans une plus certaine et meilleure mission.

La COPA a eu de la difficulté à convaincre les gens de la politique à Transports Canada que nous avons besoin d’une politique de l’AG. La raison de leur répugnance est que le gouvernement n’apprécie pas le rôle que l’AG joue dans notre économie et ainsi donc ils ne sentent pas le besoin de protéger et d’encourager ce secteur.

Nous savons tous que l’AG est un contributeur de plusieurs milliards de dollars mais nous n’avons pas de preuve, du moins que les politiciens pourront comprendre.

La collection de données éco - nomiques au sujet de l’AG est la clé de la Politique de l’AG, qui est par la suite la clé de la révision désespérément requise de la Politique nationale des aéroports.

Ou bien, en utilisant l’analogie de la navette, que l’information économique est le carburant pour notre système de manoeuvre orbitale.

Il y a de ça environ un an et demie, la COPA a convaincu Transports Canada (TC) de travailler avec nous pour amasser des données économiques sur l’aviation générale (personnelle, corporative, entraînement en vol, taxi aérien, etc.). Mais nous avons aussi besoin de carburant pour notre système de manoeuvre orbitale.

Dans plusieurs articles et présentations, nous avons souligné le système de TC pour la collection des données - Collecte électronique de statistiques sur le transport aérien (CESTA) (http://www.Tc.gc.ca/fra/politique/cesta-aviationgen-ag-589.htm), système qui a été étendu à partir de son rôle original pour la collecte des données des lignes aériennes afin d’inclure les avions d’AG. Jusqu’à présent, la réponse de notre secteur n’a pas été encourageante.

Il faut que tous les propriétaires d’avions nous aident à développer une empreinte économique. Les données serviront à alimenter en carburant la politique d’AG (notre système de manoeuvre orbitale) de manière à nous guider vers une réentrée sécuritaire, à partir de laquelle nous pourrons réviser la Politique nationale des aéroports et nous assurer que le prochain lancement ne sera pas si hasardeux pour notre santé.

J’ai été dans ce genre de travail suffisamment longtemps pour savoir que l’AG se dirige vers une désintégration non contrôlée à moins que nous ne performions ces tâches. Ce serait vraiment une honte de perdre plusieurs aéroports clés dans ce pays qui continue à être si dépendant de l’AG pour se connecter ensemble.

Nous avons besoin de tout le monde en AG pour nous aider à se dégager de cette trajectoire incontrôlable sur laquelle la Politique nationale des aéroports nous a mise.