Les prix d’avions – où vont-ils?

Par Adam Hunt
 
Pour les acheteurs canadiens d’avions, la réponse, pour les avions neufs comme usagés, est « vers le bas ». Ceci est une bonne nouvelle si vous êtes en train de marchander l’achat d’un avion, mais une mauvaise nouvelle si vous essayez d’en vendre un.
Qu’est-ce qui se passe? La réponse est que le prix des avions est basé sur le dollar américain et le dollar canadien a fait des gains importants face au dollar américain ces dernières semaines – gagnant 5 pourcent durant les deux dernières semaines de mai seulement. Au 1er juin, le dollar canadien transigeait à 1.0614$, un taux qui ne s’était pas vu depuis l’été 1977.
Ceci représente un grand changement par rapport au bas prix du dollar canadien au début de 2002, lorsqu’il transigeait à 1.6183$ pour acheter un dollar américain. Ceci représente une baisse de 35 pourcent de la valeur du dollar américain et du prix des avions.
La majorité des avions fabriqués de par le monde vient des États-unis. Les pièces d’avions et les matériaux de base sont aussi fabriqués aux États-unis. Les accords de libre échange et les procédures d’importation faciles font en sorte qu’il existe un marché unifié dans le domaine des avions neufs et usagés en Amérique du nord et les plus grands volumes du marché américain donnent le ton aux prix.
La marge qui rétrécit entre les monnaies a été due récemment à la force grandissante du dollar canadien, supportée par des marchés de commodités et de l’énergie forts, puisque le Canada vend plus de pétrole et de gaz aux États-unis.
Les fusions et les acquisitions canadiennes ont aussi renforcé l’économie et, en même temps qu’un taux de chômage à la baisse et un fort marché immobilier, il existe plusieurs signaux qui portent à croire que l’économie canadienne devient plus forte et que le dollar canadien fera davantage de gains contre la monnaie américaine.
L’Économiste en chef des marchés mondiaux à la Banque CIBC, Jeff Rubin, et l’Économiste en chef du groupe financier de la Banque nationale, Clément Gignac, ont tous les deux publiquement prédit à la fin mai que nous aurons un dollar équivalent dans un futur prochain, peut-être aussi tôt que le premier trimestre en 2008.
Le risque d’une intervention du gouvernement fédéral afin de maintenir le dollar à la baisse pour préserver les emplois manufacturiers semble minime. Au 31 mai 2007, Le Premier ministre Harper, un économiste lui-même, a indiqué que le gouvernement laisserait le dollar trouver son propre niveau. Le fait de le maintenir à la baisse, même pour protéger des emplois dans le domaine des exportations manufacturières, serait une «grosse erreur», a déclaré le Premier ministre Harper.
La Banque du Canada a signalé qu’elle augmentera les taux d’intérêt afin de contrôler l’inflation de base qui s’est maintenue constamment au dessus des objectifs de la banque centrale. Des taux d’intérêt plus élevés résulteront probablement en un plus fort dollar puisque les investissements augmentent en conséquence.
Il y a eu certains changements dans les valeurs d’avions en dehors de la question du taux d’échange. Il y a maintenant plusieurs nouveaux modèles d’avions à quatre places avec tableaux de bord à écrans électroniques sur le marché. La demande sur le marché américain pour les vieux avions légers usagés à quatre places qui n’ont pas d’écrans électroniques a diminué en conséquence et les prix pour ceux-ci se sont refroidis. Par exemple, un Cessna 172 1960 à quatre places avec une bonne peinture, un bon intérieur et un moteur à mi temps a une valeur canadienne actuelle aux livres de 29,500$.
Un effet similaire est présentement observé envers les vieux avions à deux places qui ont un poids maximal au décollage de plus de 1,320 lbs. et, de ce fait, ne peuvent se qualifier pour voler dans la catégorie de Pilote sportif aux États-unis. La demande américaine pour des avions qualifiés dans la catégorie de Pilote sportif demeure forte, toutefois, soutenant les valeurs des vieux avions tels le Cub et autres avions similaires.
Un avion typique à deux sièges qui est trop pesant pour la catégorie de Pilote sportif, le Piper PA-38-112 Tomahawk 1978 avec une bonne peinture, un bon intérieur et un moteur à mi temps coûte maintenant 12,700 $ en dollars canadiens. Ces valeurs sont dramatiquement inférieures à celles qui prévalaient au plus fort de 2002.
Alors, qu’est-ce que cela veut dire pour l’acheteur canadien d’avion?
Cela revient à dire que c’est le bon temps d’acheter un avion neuf ou usagé. L’avion lui-même va coûter moins cher qu’il y a quelques semaines à peine. Les pièces structurelles et de moteur, probablement commandées des États-unis, coûteront elles aussi moins chers, lorsque vous en aurez besoin.
Seulement les avions et les pièces européennes sont de valeur stable, puisque l’Euro est demeuré fort contre le dollar canadien.
En boni, les valeurs dégringolantes des avions impliquent que les couvertures d’assurance pour la coque coûteront elles aussi moins chers, puisque vous n’aurez pas besoin d’en acheter autant à cause de la valeur moindre de l’avion.
Un des effets de la récente baisse de la valeur du dollar américain est que les vendeurs canadiens d’avions n’ont pas suivi les développements économiques et n’ont pas baissé leur prix en conséquence durant les dernières semaines. Comme résultat, plusieurs prix canadiens demandés sont trop élevés. C’est pourquoi des nombres record d’avions sont importés des États-unis, ce qui pousse à la hausse le Registre canadien d’avions civils.
Si vous trouvez que les offres domestiques sont trop chères, alors un coup d’œil du côté du marché américain serait peut-être approprié.
En somme, si vous attendiez pour acheter un avion neuf ou usagé, alors 2007 sera une grande année pour le faire. Les valeurs sont à des bas prix record et il existe des aubaines aussi bien du côté américain qu’ici du côté canadien.
Le marché américain en particulier est un bon endroit où trouver des avions à acheter à bas prix puisque les prix de vente n’ont pas changé beaucoup.
Si vous êtes en train de vendre un avion, il vous faudra jeter un second regard sur la valeur que vous pouvez espérer de la vente. Étant donné la perte de 35 pourcent de son prix durant les quelques dernières années et les projections futures des économistes des grandes banques, il vaudrait peut-être mieux le conserver et de le voler. Si vous décidez de la vendre, soyez certain que le prix de vente demandé est réaliste, ou bien vous allez dépenser beaucoup d’argent en annonces avec bien peu de résultat.